Le blog d'Anaïs

Trois cœurs – Mylène O’hara

Mon évaluation

«Abominable !»

Bon, je serai claire avec mes lectrices et mes lecteurs.
J’ai accepté de tenir cette rubrique consacrée à la littérature érotique contemporaine. Cela implique que je passe du temps à examiner ou parcourir des dizaines et des dizaines de nouvelles ou de romans de cette catégorie. Pratiquement 80 % sont « bons à jeter », et cela ne vaut vraiment pas la peine d’en parler tellement ils sont convenus, répétitifs et absolument pas originaux. Aujourd’hui je suis tombée sur le titre en référence, dont je me garderai bien d’en indiquer les références. En parler c’est d’ailleurs lui faire de la mauvaise publicité, mais, exceptionnellement, je souhaitais « dézinguer » cet ouvrage abominable. Cela d’autant plus qu’en le commençant, j’ai eu l’impression d’avoir été « embobinée », « bamboozled », en anglais nous sommes dans un environnement anglo-saxon et que j’aime bien ce terme.
En effet, après avoir lu les premières pages, malgré une orthographe très hésitante, je sentais que ma chronique serait presque dithyrambique.
On fait connaissance de Julie O’hara, une jeune et ravissante franco-irlandaise, de la fin du XXe siècle, au caractère bien trempé et à la joie de vivre. Elle se prépare à intégrer une prestigieuse université de Manchester début des années 2000. Elle a juste vingt ans, vierge, et de toute évidence peu intéressée par les garçons. En plus de sa culture, elle est bourrée d’humour. C’est ainsi qu’elle a surnommé ses deux cavités intimes « Betty et Cucul ». Le matin de son premier jour d’université elle s’adonne à une séance de plaisir solitaire assez désopilante. Arrivée à son école, elle fait la connaissance de la magnifique Jessica, battue et frustrée par son mec. Bon, c’est convenu, mais on est dans un roman. Une semaine après, elles emménagent ensemble.
Si le roman s’était arrêté à cet endroit, c’était 5*assurées. Hélas, hélas, hélas, il y a une suite. Et là, ça commence à déraper. Je veux bien admettre que ces brave jeunes filles sont en manque, mais leurs premiers ébats sont frénétiques, pour ne pas dire hallucinants. Un truc comme ça m’arrive, c’est le SAMU, la réanimation, les soins intensifs pendant un mois ! Au bout de deux jours de ce régime, aussi étonnant que cela puisse paraître, notre brave Julie est toujours intacte. Question qui tue de Julie à Jessica : « et toi, comment ça s’est passé ta défloration ? ». Et paf, bien que le roman soit étiqueté « érotisme lesbien », vous n’aurez rien contre une petite séance pornographique mixte ? Pour le coup, l’orthographe et le style redeviennent plus que convenables… De toute évidence ce passage a été pompé d’un autre ouvrage (pardon pour la feinte à deux balles). J’ai été béate d’admiration sur l’originalité de ce passage. Un après-midi d’été (torride, bien évidemment), strip-poker avec le cousin Antoine. « La vache, qu’est-ce que t’es bien foutue ! » « Waouh, qu’est-ce que t’es bien gaulé ! ». Moment d’égarement. Enfin, « moment » qui dure quand même deux heures pendant lesquelles Jessica va se faire « dévirginiser » tous les orifices.
Bon c’est décidé, c’est le fameux Antoine qui sera chargé de forcer le passage de Mlle O’hara. Cette fois-ci, un petit trio F/F/H. Dès lors, tout se barre en couilles (re feinte facile). Comme tout cela commence à devenir répétitif, Mylène exploite alors toutes les pratiques possibles et imaginables pour pimenter son propos. Avec même un brin (oui, je sais, je suis incorrigible) de scatologie et de coprophagie !
Au moins, cela a un avantage. Il est de toute évidence que Mylène est un mec. Et pas le mieux ! Le genre macho qui considère toutes les femmes comme des salopes. À partir de ce moment il prend un plaisir non dissimulé à flinguer son héroïne pourtant si sympathique. À tel point qu’il lui fait dire :
« je pense à mes parents qui ont engendré une putain »
pas très sympa pour celles qui font parfois ce métier contre leur gré.
La Julie se conduit alors comme une chienne en chaleur et se fait mettre à tous les coins des bois.
Comme le « safe-sex » ce n’est pas la préoccupation de « monsieur Mylène », tout cela se fait dans des rapports non protégés. Du coup, voici mademoiselle O’hara avec un polichinelle dans le tiroir.
Et Jessica dans tout cela ? La pauvrette elle doit être sourde et aveugle ou même décérébrée incapable de se rendre compte de rien. Sa compagne est enceinte ? Ça doit être Antoine le « yatumi ». Elle est folle de joie et le couple se marie dans une chapelle dans le sud de la France. Super, 15 ans avant « le mariage pour tous » et que l’Église voue encore les sodomites aux flammes éternelles de l’enfer.
Rentrée suivante à Manchester.
Bon, déjà que Julie est toujours en rut, alors que dire de ses envies de femme enceinte ? Comme elle ne peut pas aller à l’université, c’est l’université qui vient à elle. En la personne de mademoiselle Mimeless, prof de littérature, sur laquelle Julie avait déjà flashé. Bon, la suite était prévisible : ça fornique ; ça re-fornique ; ça re-re-fornique… Manque de bol, voilà Jessica qui se pointe. Et elle se met en colère… cinq minutes (dans le texte ; si, si). Et donc ça re-re-re-fornique et ça re-re-re-re-fornique etc., etc., sans oublier de longues séances de coprophagie plutôt abominables, jusqu’à la création du ménage à trois (d’où ce fichu titre) !…
 
En conclusion, l’auteur n’a même aucun scrupule quant au but recherché par sa littérature obscène, puisqu’il fait directement allusion aux pratiques éventuelles de ses lecteurs qui lisent ses pages.
Un total irrespect des femmes. Trash et pitoyable !