Le blog d'Anaïs

Maxime Lich

«Bof…»

mon évaluation


Maxime Lich, un auteur très prolifique sur Kindle Direct Publishing, pour ne pas dire un stakhanoviste de la littérature érotique.
Et TOUTE la littérature érotique. Mixte, lesbienne, mixte & lesbienne, et même flirtant de temps en temps avec l’érotisme gay (Lady Boy)…
D’une manière générale, question forme ça peut aller. Bon, l’orthographe c’est pas le Pérou, le style est parfois lourdingue et les constructions de phrases « zarbies ». Et que dire des textes qui alternent sans aucune raison le présent et le passé narratifs, parfois dans le même paragraphe !!! Un mauvais point également pour la typographie et la mise en page.
Quant au fond c’est du « vite fait, mal fait ». Bon, pour l’érotisme lesbien, on reste dans le fantasme typiquement masculin, même si certains ne sont pas pour me déplaire (relation prof/élève ; employeuse/employée ; l’amour dans un train de nuit), pour le reste… Ce brave Maxime a (malheureusement) lu le « Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir. En particulier le fait que Momone estime que dans chaque femme il y a une lesbienne qui s’ignore. Cela, monsieur Lich nous en rebat les oreilles dans chacune de ses scènes lesbiennes. Du coup, nulle difficulté d’organiser une partouze entre goudous, un claquement de doigts et c’est une douzaine de candidates qui tombe du ciel. Au bout du compte on arrive à se demander s’il existe encore des femmes hétéros.
Parmi la flopée de ses productions, il y a même des « thrillers érotiques lesbiens ». Ouais ! Chacun ne dépasse pas 40 pages, et n’est ni un thriller, et n’a d’érotique que le nom. Dans le premier, Julia, agente spéciale de la CIA, séduit la femme du baron de la drogue de Medellin. Après l’avoir fait grimper au huitième ou neuvième ciel, celle-ci pique un petit roupillon que notre séduisante Julia met à profit pour déposer un mouchard dans le bureau de monsieur son époux. Cela va servir à faire péter la propriété à coups de missiles balistiques. Grandissime fait d’armes qui lui vaudra quand même de se faire décorer par Obama en personne !… Si, si… Le second, vachement original, se déroule à Cali. Toujours aussi plat, même si cette fois-ci, et ça, ça fait également partie de mes fantasmes, Julia va débaucher une jeune et accorte bonne sœur, même si ça reste un peu plat question érotisme. Je n’ai pas eu le courage de lire le troisième.
Bon, parmi cette dépression éditoriale, il y a quand même UNE nouvelle un peu digne d’intérêt.

« Les amours particulières de Béatrice et Angélique ». 

Bon, c’est pas du Balzac, mais pour une fois Maxime Lich développe une intrigue plus sentimentale qu’érotique. La construction n’est pas dénuée d’intérêt. L’érotisme est présent, mais assez soft. Ce serait le paradis si ce n’était ce sentiment que cette nouvelle a été écrite à toute allure et n’a même pas été relue avant parution. La preuve, l’auteur se mélange les pinceaux dans les prénoms de ses héroïnes, et si on touchait un euro à chaque faute d’orthographe, je serais riche.

 
En conclusion, « faute de grives on mange des merles », et à dose homéopathique, on peut se contenter de la littérature de Maxime. Mais, je le répète, ça ne vole pas haut…

Anaïs, avril 2020